COSMOGARDEN

BY AKI KURODA

Aki Kuroda entraîne le spectateur dans un voyage dont il ne revient pas indemne.
Condamné à une renaissance. A une descente dans les ténèbres pour mieux en ressortir Vivant. Lavé. Purifié. Pour le passage vers un autre monde. Où règne cette « Unheimlichkeit » dont parlait Freud. Avec une œuvre qui vacille sans cesse sur le fil du rasoir entre un Orient et un Occident. Pour aller bien plus loin. Au-delà de l’homme, de la terre, du cosmos qu’il peint, sculpte, « installe », aime et malmène dans ses performances. Aki Kuroda crée une œuvre comme un être venu d’une autre planète. Celle d’un nomade d’un autre temps qui ne cesse de parcourir le monde pour mieux s’en rassasier. Celle d’une identité qui n’existe pas encore. Venu d’une île pour s’emparer d’une autre. Parti du Japon pour la France pour mieux s’imprégner de la Grèce. De cette terre mouvante et instable qui ressemble tellement à la sienne. Chaos, tremblements, séismes, secousses, noyades… Mais, en visionnaire de notre siècle, Aki Kuroda aura quitté la terre. Car est née « Cosmogarden » où dans ses dédales, l’artiste protège aussi son fétiche Minotaure. Nourri par ses amitiés avec les plus grands philosophes, physiciens et astronomes de notre temps, ses œuvres en deux, trois voire « quatre » dimensions, symbolisent un jardin où tout se mêle et s’entremêle. Le roi Minos comme le peintre Miro se sont penchés sur son épaule. Infinitude de flux, multitude de fils d’Arianne. L’ombre et la lumière. La nature et la ville. Le dedans et le dehors. La plus profonde intériorité de l’âme à l’immensité cosmique. Dans ce maelström, entre microcosme et macrocosme, où se mélange encore passé, présent et futur, Aki Kuroda a beaucoup planté pour laisser naître une jungle où tout bouge et vacille. Et voici une pluie de météorites, d’animaux, de monstres et son Minotaureaumachine ! Là une avalanche de bulles, …chaos ou savon ? Plus loin encore des mangas et autres vaisseaux spaciaux ! Le tout explose dans des performances où œuvres, danseurs et spectateurs se rejoignent pour une communion ultime. De l’imminence du désastre naît l’extase. Dans le Monde du labyrinthe, du Jardin sacré d’Aki Kuroda. —

Anne Kerner